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L’ère Longoria, ou la valse sans fin
À Marseille, les crises ne murmurent pas. Elles éclatent, elles bousculent, elles balayent tout sur leur passage. Le départ de Roberto De Zerbi n’est pas seulement celui d’un entraîneur de plus. Il s’inscrit dans une instabilité devenue presque structurelle. À l’OM, on ne construit plus : on recommence. Encore et encore.
Depuis l’arrivée de Pablo Longoria à la présidence en 2021, aucun entraîneur n’a réussi à inscrire son travail dans la durée. Villas-Boas, Sampaoli, Tudor, Gattuso, Gasset, De Zerbi… La liste s’allonge, les projets s’empilent, mais rien ne s’ancre. Les idées divergent, les méthodes s’opposent, les effectifs changent à chaque saison. Le problème n’est plus une question d’homme. Il est systémique.
Cette instabilité chronique dépasse le banc de touche. Elle irrigue tout le club. Recrutements massifs, départs précipités, paris à court terme, corrections d’urgence : l’OM donne l’impression de fonctionner dans l’instant. Un jeu de chaises musicales permanent. On achète, on vend, on échange, sans jamais consolider une ossature. Résultat : un effectif déséquilibré, sans colonne vertébrale claire, sans continuité sportive.
Les erreurs stratégiques ont un coût. Laisser filer des cadres structurants, multiplier les profils incompatibles, céder trop vite de jeunes talents prometteurs… À force de corrections successives, le club semble courir après lui-même. Sur le terrain, cela se traduit par des matches mal maîtrisés, des effondrements en fin de rencontre, une fragilité mentale persistante. Les chiffres parlent : une défense parmi les plus perméables du championnat. Ce n’est plus un accident. C’est un symptôme.
Dans les tribunes, la colère a remplacé l’inquiétude. Parce que la colère suppose encore de l’attente. Mais aujourd’hui, c’est surtout le désarroi qui domine. Un club sans cap clair finit toujours par se perdre. Et au-dessus de tout cela, Frank McCourt observe. Investisseur engagé, certes, mais quelle cohérence globale ressort de ces années ? Plus de 700 millions d’euros injectés, et pourtant une impression persistante d’inachèvement.
La mise en retrait de Pablo Longoria ouvre un nouveau chapitre. L’arrivée d’Habib Beye aussi. Mais la question essentielle n’est plus seulement celle du technicien. Elle est institutionnelle. À Marseille, le véritable défi n’est pas de trouver un homme providentiel. C’est de retrouver une stabilité. Une vision. Une patience.
Car à force de tout bouleverser, l’OM a installé une culture de l’urgence permanente. Chaque contre-performance déclenche une remise à zéro. Or un club ne se reconstruit pas dans la réaction. Il se bâtit dans la continuité. Direction, recrutement, stratégie sportive : tout doit converger vers un projet lisible.
Marseille est une ville de passion. Mais la passion ne remplace ni la méthode ni la cohérence. Elle ne compense pas l’absence de cap. Sans stabilité, sans vision durable, l’OM continuera de tourner en rond, condamné à repartir de zéro.
Pendant ce temps, les concurrents avancent. Le football moderne ne pardonne pas l’improvisation.
L’OM doit choisir : poursuivre la valse ou enfin poser les bases.
— Jean-Michel Ripa
23/02/2026
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