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OM Plus N°479 : un éditorial sur les départs, le recrutement et les ambitions de l’Olympique de Marseille, avec Jean-Michel Ripa.

OM Plus 479

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15/0

(15 départs, 0 recrue)

Gagner à Troyes, même 2-0, ne suffit pas à faire oublier le malaise. Certes, l’OM a renoué avec le succès et retrouvé un peu d’air au classement. Mais cette victoire ne saurait masquer une réalité autrement plus préoccupante : Marseille traverse une période de turbulences dont personne ne semble aujourd’hui mesurer pleinement les conséquences.

Car le mal est profond. Mason Greenwood, Pierre-Emerick Aubameyang et d’autres éléments importants ont quitté le navire. Les départs se sont multipliés, les anciens dirigeants ont dilapidé l’actif, les forces vives ont fondu, et aucune recrue n’est venue renforcer l’effectif. Quinze départs, zéro arrivée : le constat est aussi simple qu’accablant.

À ce niveau, il ne s’agit plus d’un simple dégraissage, mais d’un véritable démantèlement. Et le plus inquiétant, c’est que Marseille semble s’être résigné à cette situation, comme si le club acceptait déjà de sacrifier une saison dont son seul nom devrait pourtant interdire qu’elle soit sans ambition.

Bien sûr, Frank McCourt a beaucoup investi depuis son arrivée. Personne ne peut honnêtement l’effacer d’un trait de plume. Mais les dépenses d’hier ne constituent pas un crédit illimité et ne dispensent pas de rendre des comptes aujourd’hui. Désormais, les robinets sont fermés, les contraintes financières dictent leur loi et le club paie le prix de ses choix passés.

Reste alors une question devenue incontournable : si le propriétaire américain ne souhaite ou ne peut plus donner à Marseille les moyens de ses ambitions, pourquoi s’accrocher ?

La plus grande preuve d’attachement à l’OM serait peut-être aujourd’hui de le vendre à un actionnaire capable de lui rendre ses lettres de noblesse, avec de l’argent, certes, mais aussi une vision et une véritable stratégie sportive.

Car le football ne se résume pas à un bilan comptable. Il faut aussi des joueurs capables de faire la différence, de créer, d’éliminer, de faire vivre un ballon. Or, lorsque la passe à vingt mètres devient déjà une difficulté, lorsque la justesse technique se fait aussi rare que l’inspiration, les limites sautent aux yeux.

Et je ne parle même pas de rivaliser avec les meilleures équipes du championnat : on en vient à s’interroger sur la capacité de cet effectif à traverser la saison sans regarder constamment dans le rétroviseur.

Pour un club de cette dimension, la perspective est aussi inquiétante qu’indigne.

Bruno Genesio, lui, ne peut pas être tenu pour responsable de tous les maux marseillais. Il fait avec les moyens dont il dispose, tente d’organiser son équipe et cherche des solutions. Mais il n’est pas magicien.

Un entraîneur peut structurer un collectif, améliorer les automatismes, donner une identité de jeu. Il ne peut pas, par un coup de baguette magique, transformer des joueurs besogneux en footballeurs talentueux, capables de faire basculer les rencontres par leur seule qualité technique.

On peut demander à Genesio de tirer le meilleur de son groupe. On ne peut pas lui demander de compenser indéfiniment les insuffisances de ceux qui le lui ont confié.

Le centre de formation, qui devrait constituer un recours lorsque les moyens manquent, n’offre pas davantage de garanties. Des années de friche ont laissé un vide : celui d’un vivier capable de fournir régulièrement des jeunes suffisamment armés pour s’imposer au plus haut niveau.

Et pour ne rien arranger, ses rares fleurons, comme Nadir, Vaz et Bakola, ont été bradés.

Sans recrutement, sans relève et sans joueurs de différence, le club s’enferme dans une impasse dont il ne pourra sortir à coups de discours.

Reste le public.

Lui continue de répondre présent, de se déplacer, d’encourager et d’espérer. Cette fidélité force le respect. Elle mérite mieux qu’une équipe dont les carences techniques sautent aux yeux et dont les ambitions semblent avoir été revues à la baisse sans que personne ose véritablement le dire.

Les supporters marseillais savent perdre. Ils connaissent les saisons difficiles, les désillusions et les lendemains qui déchantent. Mais ce qu’ils ne devraient jamais avoir à accepter, c’est que leur club renonce à se donner les moyens de ses rêves.

À Marseille, on peut pardonner beaucoup de choses. Mais certainement pas le manque d’ambition.

QUI NE SAUTE PAS N’EST PAS MARSEILLAIS !

Jean-Michel Ripa – le 15 octobre 2026

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