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OM Plus N°477 : bilan de saison, mercato et analyse de l’Olympique de Marseille. Le magazine de référence des supporters marseillais.

OM Plus 477

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L’heure du grand ménage

La saison qui vient de s’achever devait marquer le retour de l’OM parmi les grands d’Europe. Elle restera finalement comme l’une des plus décevantes et des plus incohérentes de l’ère Frank McCourt. Une saison de gâchis, de renoncements et d’humiliations, à peine maquillée par une cinquième place synonyme de qualification pour la Ligue Europa. Une maigre consolation. Un cautère sur une jambe de bois.

Car personne ne peut sérieusement se satisfaire d’un tel bilan à Marseille. Pas après avoir vu cette équipe sombrer autant mentalement. Pas après avoir assisté à des prestations indignes du standing du club. Pas après avoir constaté, semaine après semaine, l’absence d’âme, de révolte et parfois même de professionnalisme d’une grande partie du vestiaire. Le problème dépasse largement les résultats. Ce qui a choqué cette saison, c’est le sentiment persistant que beaucoup de joueurs ont fini par se réfugier dans une forme de confort, comme déconnectés de ce que représente réellement le maillot olympien. À l’OM, on peut perdre. Le public marseillais l’a toujours accepté lorsqu’il sent une équipe sincère, habitée, prête à mourir sur le terrain. Mais ce qu’il ne pardonne pas, c’est l’indifférence. Et cette saison, trop de joueurs ont donné l’impression de traverser les tempêtes sans jamais réellement mesurer l’ampleur du naufrage. Ils ont piétiné à pieds joints une institution qui exige pourtant autre chose : du caractère, de la fierté et une implication totale. Pendant ce temps-là, les 65 000 fidèles du Vélodrome ont, eux, répondu présents. Encore et toujours. Malgré les humiliations, malgré les crises, malgré le spectacle parfois affligeant proposé sur la pelouse. Ils ont continué à pousser, à chanter, à remplir un stade qui demeure l’un des rares endroits en France où le football conserve cette ferveur presque viscérale.

Et surtout, ils l’ont fait sans basculer dans les dérives aperçues ailleurs ces derniers temps, notamment à Nantes ou à Nice. Marseille peut parfois être excessive, brûlante, imprévisible. Mais le public olympien a encore prouvé qu’il méritait son statut de meilleur public de France. Ce sont les joueurs, eux, qui n’ont pas été à la hauteur de leurs supporters. Roberto De Zerbi, lui, aura probablement été le premier abandonné par ce vestiaire. L’Italien n’est évidemment pas exempt de critiques. Ses choix, ses tensions internes et certaines obstinations tactiques ont aussi participé à l’échec. Mais il est difficile de ne pas voir qu’il a surtout été lâché par une grande partie d’un groupe incapable de maintenir les exigences nécessaires au très haut niveau. Et comme si cela ne suffisait pas, l’OM a continué à donner le sentiment d’avancer sans cap clair.

Le centre de formation, déjà peu productif depuis des années, a vu partir dès le mercato d’hiver deux de ses plus grands espoirs : Bakola et Vaz. Une aberration supplémentaire. Non seulement Marseille forme peu, mais lorsqu’il possède enfin quelques jeunes talents prometteurs, il s’en sépare avant même de leur laisser le temps d’éclore réellement. Une politique qui n’a ni queue ni tête et qui symbolise à merveille l’absence de vision globale du club. Depuis plusieurs saisons, l’OM semble fonctionner dans l’urgence permanente, entre achats compulsifs, ventes précipitées et effectifs reconstruits presque intégralement chaque été. Pablo Longoria, longtemps présenté comme un génie du marché, voit aujourd’hui son image sérieusement écornée. Certains vont même jusqu’à le qualifier de « fossoyeur » de l’OM, tant sa présidence a parfois donné le sentiment d’un immense brassage sans cohérence sportive durable. Des dizaines de joueurs recrutés, des millions dépensés, des entraîneurs qui se succèdent… pour quel résultat ? Aucun titre majeur. Aucune stabilité. Aucune continuité. Et désormais, le danger n’est plus seulement sportif.

Car derrière cette saison ratée se cache aussi une situation financière inquiétante. L’OM a encore creusé son déficit et devra désormais convaincre la DNCG. Frank McCourt, qui a déjà injecté plus de 700 millions d’euros depuis son arrivée pour un résultat nul en termes de palmarès, acceptera-t-il encore de remettre massivement au pot ? Ou cherchera-t-il enfin à ouvrir la porte à de nouveaux investisseurs ? La question devient centrale. Parce qu’en l’état actuel des choses, il est difficile d’imaginer comment Marseille pourra bâtir dès cet été un effectif suffisamment solide pour revenir jouer dans la cour des grands.

L’heure n’est plus aux rustines ni aux discours. L’OM a besoin d’un grand ménage. D’une remise à plat profonde. D’une vraie ligne directrice sportive. D’hommes capables de comprendre où ils mettent les pieds lorsqu’ils signent à Marseille. Sinon, le club continuera de tourner en rond, prisonnier de ses crises permanentes, pendant que ses supporters, eux, continueront d’attendre un renouveau qui ne vient jamais.

Jean-Michel Ripa - le 22/05/2026

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